Les matériaux de construction des premiers avions a grandement favorisé leur disparition, le bois et la toile résistant mal aux épreuves et au temps. Le célèbre Farman F-60 « Goliath » qui marqua le réel début de l’aviation commerciale en Europe, a fait à peine mieux que ses congénères. Il ne reste de cet avion qu’un unique fuselage qui est exposé au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Pourtant, pas moins de 332 Farman F-60 et dérivés ont été produits à Billancourt pour le transport de passagers, pour l’armée et la marine entre 1919 et 1931 *.

Alors forcément, dans ces conditions, les pièces ici présentées revêtent un intérêt tout particulier. Il s’agit des placards qui étaient apposés dans et sur l’avion, à l’attention du pilote, des passagers et des mécaniciens. S’ils sont parvenus jusqu’à nous, c’est par ce que ces exemplaires sont ceux du fabricant sous-traitant qui les produisait. Ceux-là ont été ont été fabriqués pour les Goliath de la Société Générale de Transport Aérien (S.G.T.A.) aussi appelée « Ligne Farman ».
Ils sont réunis et présentés sur 4 supports, ce qui a non seulement permis leur conservation mais également la transmission de leur ensemble. Il s’agit probablement d’une sorte de « bon à tirer » ou de récapitulatif de commande avant mise en production des placards. C’est ce que laisse penser la mention manuscrite sur l’une des planches « PT CDE 90152 débit du 17-9-31 » ce qui parait signifier « Paiement commande 90152 débit du 17-9-31 ».

Il s’agit de quatre planches d’un format à peine plus grand qu’un A4 (28,5 cm x 22 cm) comportant chacune divers placards de tailles et de formes différentes, aux mentions plus ou moins explicites, tous en très bon état de conservation. Ce sont des indications techniques et certaines en disent long sur l’aviation de l’époque comme par exemple cette prescription à l’attention des passagers : « Il est interdit de jeter quoi que ce soit par la fenêtre » ou encore celle-ci relative à la procédure d’atterrissage : « Prendre le terrain de loin à faible altitude et en ligne droite, envoyer le passager de l’AV. à l’AR. »




Si l’on considère la date de la mention manuscrite (1931), ces placards ont de toute évidence trait à la fin de production du Goliath. C’est un très bel ensemble, très certainement unique et doublement intéressant puisqu’il concerne à la fois le Farman Goliath et la mythique et pionnière Ligne Farman !
* https://www.hydroretro.net/etudegh/le_farman_goliath.pdf

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